Les cris des animaux en français

canard AF caner coin-coin cancaner
chat lat. cattum miaou miauler
chien lat. canem waf / wouf aboyer
coq celt. *kog cocorico chanter
grenouille lat. ranaculam croa croa coasser
grillon lat. grillum cri cri grésiller
poule lat. pullum cot cot caquetter
poussin lat. pullicenum piou piou piailler
souris lat. soricem –– couiner
vache lat. vaccam meuh meugler

revue roma blanc 120  

Les degrés de l'adjectif en français

Les deux degrés de l'adjectif français sont le comparatif et le superlatif.
Parmi les différentes catégories de déterminants du nom, seuls les adjectifs qualificatifs (catégorie dans laquelle il faut inclure les participes passés et autres formes adjectivales du verbe) connaissent des degrés de comparaison par lesquels on peut nuancer l'information que l'adjectif ajoute au nom.
Cette aptitude à varier en degré touche la quasi-totalité des adjectifs.
Il existe toutefois en français quelques cas de blocage qui empêchent de nuancer l'adjectif, notamment lorsque l'adjectif concerné est dérivé d'un nom :

Tristan a acheté une vache laitière ⟶ cette vache est la plus laitière de toutes les vaches que je connais.

ou lorsque l'adjectif résulte de la conversion d'un nom en adjectif :

Iseult a organisé une fête monstre ⟶ la fête la plus monstre de l'année
La nouvelle du mariage de Tristan et Iseult est une information bidon ⟶ une information moins bidon que la précédente

1. Le comparatif

Le français connait deux modes de composition du degré comparatif, l'un analytique, l'autre synthétique.
Les formes analytiques sont les plus courantes ; elles sont composées

  • d'un adverbe marquant l'égalité (aussi, parfois réduit à si en présence d'une négation) ou la disparité (plus, moins), qui nuance l'adjectif ;
  • et de que qui introduit ce qui sert de point de comparaison:

Iseult a une robe plus belle que celle d'Aliénor.
Iseult a une robe moins belle que celle d'Aliénor.
Iseult a une robe aussi belle que celle d'Aliénor.
Iseult n'a pas une robe aussi / si belle que celle d'Aliénor.

Les formes synthétiques, héritées du latin, ne concernent que quelques d'adjectifs :

petit → moindre
bon → meilleur
mauvais → pire

Pour ces quelques adjectifs, la forme comparative synthétique peut être concurrencée par une forme comparative analytique, parfois différenciée de la forme synthétique par le sens :

La tourte aux figues de Tristan est meilleure que celle d'Iseult >< La tourte aux figues de Tristan est plus bonne que celle d'Iseult
⟶ seule la forme synthétique est possible

Un problème moindre que celui d'Iseult se pose à Tristan ≠ Un problème plus petit que celui d'Iseult se pose à Tristan.
⟶ la forme synthétique ne dit pas la même chose que la forme analytique

La tourte aux figues de Tristan est pire que je ne l'imaginais = La tourte aux figues de Tristan plus mauvaise que je ne l'imaginais.
⟶ la forme synthétique dit la même chose que la forme analytique

Le français utilise assez peu le comparatif sans exprimer le second terme de la comparaison, bien que le procédé soit tout à fait correct syntaxiquement :

Cette fois, Tristan chevauche un cheval plus rapide.
⟶ 'plus rapide que celui qu'il chevauchait la fois passée'.

Iseult est allée échanger ses chaussures contre une paire de chaussures plus petites.
⟶ 'plus petites que celles qu'elle avait achetées précédemment'

Iseult s'est fait faire une jupe moins longue.
⟶ 'moins longue que celle qu'elle portait au bal de l'an passé'

Tristan ne se souvient pas avoir déjà vu un ciel aussi/si bleu.
⟶ 'aussi bleu que celui qu'il a sous les yeux'

2. Le superlatif

Le degré superlatif recourt en français aux mêmes formes, analytiques et synthétiques, que le comparatif, à cette différence que dans la construction superlative, on ne formule pas ce qui sert de point de comparaison.
Le français fait la distinction entre un superlatif relatif et un superlatif absolu, qui se construisent différemment.
Le superlatif relatif se positionne toujours devant le nom qu'il détermine ; il ne s'accommode que des déterminants le, mon (ton, son…) ou ce (un déterminant un ou du ferait basculer le superlatif relatif du côté du comparatif) :

La plus grande consolation de Tristan est de savoir Iseult en sécurité.
L'équipe de Tristan a placé son plus grand espoir en son quatrième cavalier.
Le meilleur ami de Tristan est amoureux d'Aliénor.

Le superlatif absolu se positionne toujours derrière le nom qu'il détermine ; il ne s'accommode que des déterminants le, mon (ton, son…) ou ce, un déterminant qui est reformulé sous l'unique forme de l'article le devant le marqueur de disparité :

La consolation la plus douce de Tristan est de savoir Iseult en sécurité.
L'équipe de Tristan a placé son espoir le plus grand en son quatrième cavalier.
L'ami le meilleur de Tristan est amoureux d'Aliénor.

Sur le plan du sens, la nuance de sens entre les deux constructions superlatives est souvent mince ; les différences sont avant tout syntaxiques.

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Le genre des noms en français

1. Le genre des noms de couleurs

En français, les noms des couleurs sont de genre masculin.

LE bleu de tes yeux
LE rouge de tes lèvres
LE jaune de sa fourrure

2. Les noms des arbres fruitiers et des fruits

En français, le nom des arbres fruitiers est généralement masculin, tandis que le nom de leurs fruits est souvent féminin.

LE pommier → LA pomme
LE poirier → LA poire
LE noisetier → LA noisette
LE prunier → LA prune
LE bananier → LA banane

Il s'agit là d'une simple tendance statistique, non d'une règle, car on y trouverait aisément toutes sortes d'exceptions : UNE aubépine, UNE vigne, UN abricot…

3. Deux ou trois genres

En français, le genre est un trait grammatical permettant de répartir certaines classes lexicales en deux catégories : masculin et féminin. Certains noms inanimés peuvent avoir les deux genres. C'est le cas de certains homonymes : le livre, la livre. Mais parfois c'est le cas aussi pour un seul et même nom : un/une après-midi. Amour, délice et orgue sont, eux, masculins au singulier et féminins au pluriel (Un amour ardent, des amours ardentes). Quant au mot gens, il présente la particularité d'être bissexué : il est féminin vis-à-vis des déterminants qui le précèdent et masculin vis-à-vis des déterminants qui le suivent (De nombreuses gens soupçonneux).

4. La correspondance entre le genre naturel et le genre grammatical

Certaines classes lexicales possèdent un genre naturel, c'est le cas du nom et du pronom. Ces derniers imposent leur genre aux classes lexicales ayant un genre acquis (par les mécanismes d'accord) : les déterminants, l'adjectif ou le participe (Ex : BEAU garçon ; BELLE fille).

5. La féminisation des noms et adjectifs

En français, le masculin est la forme non marquée du nom ou de l'adjectif, tout comme l'infinitif est la forme non marquée du verbe. C'est donc en partant du masculin que l'on forme le féminin

L'opposition entre un nom masculin et un nom féminin, lorsqu'elle se superpose à l'opposition entre individu mâle et individu femelle, peut aussi être inscrite dans le lexique (homme, femme ; garçon, fille ; cheval, jument ; jars, oie).

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La formation des temps du futur en français

    Latin Formation romane Phase intermédiaire Français
Singulier 1re pers. amabo amare habeo *amarayo aimerai
  2e pers. amabis amare habes *amaras aimeras
  3e pers. amabit amare habet *amarat aimera
Pluriel 1re pers. amabimus amare habemus *amarumus aimerons
  2e pers. amabitis amare habetis *amaretis aimerez
  3e pers. amabunt amare habent *amaraunt aimeront
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La formation des temps du passé en français

    Latin Formation romane Français
Singulier 1re pers. cantavi habeo + cantatum ai chanté
  2e pers. cantavisti habes + cantatum as chanté
  3e pers. cantavit habet + cantatum a chanté
Pluriel 1re pers. cantavimus *habumus + cantatum avons chanté
  2e pers. cantavistis habetis + cantatum avez chanté
  3e pers. cantaverunt *habunt + cantatum ont chanté

NB : par la voie phonétique, les formes du parfait latin ont débouché en français sur les formes du passé simple, concurrencées par celles du passé composé dès la naissance du français et devenues aujourd'hui quasiment improductives.

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Les lettres de l'alphabet en français

Lettre Nom Code international Code français
A [a] Alfa Anatole
B [be] Bravo Berthe
C [se] Charlie Célestin
D [de] Delta Désiré
E [ə] / [e] Echo Eugène / Émile
F [ɛf] Foxtrot François
G [ʒe] Golf Gaston
H [aʃ] Hotel Henri
I [i] India Irma
J [ʒi] Juliett Joseph
K [ka] Kilo Kléber
L [ɛl] Lima Louis
M [ɛm] Mike Marcel
N [ɛn] November Nicolas
O [o] Oscar Oscar
P [pe] Papa Pierre
Q [ky] Quebec Quintal
R [ɛʁ] Romeo Raoul
S [ɛs] Sierra Suzanne
T [te] Tango Thérèse
U [y] Uniform Ursule
V [ve] Victor Victor
W [dubləve] Whisky William
X [iks] X-Ray Xavier
Y [igrɛk] Yankee Yvonne
Z [zɛd] Zulu Zoé
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Le système vocalique du français

1. Les sons

Le système vocalique du français compte 12 voyelles orales (que l'on prononce en expulsant l'air uniquement par le canal buccal).

Les voici illustrées d'exemples :

API comme dans   API comme dans
a patte, papa   ɛ mer, fête
ɑ pâte, tas   o seau, cône
ə petit, ventre   ɔ porte, homme
ø jeu, feu   i ville, style
œ fleur, seul   u genou, loup
e blé, chez   y nu, cru

Le système vocalique français connait également 4 voyelles nasales du français (que l'on prononce en expulsant l'air à la fois par le canal buccal et par les fosses nasales).
Les voici illustrées d'exemples :

API comme dans   API comme dans
ɑ̃ rang, cent   ɔ̃ bon, thon
ɛ̃ vin, pain   œ̃ brun, un

Soit au total, 16 voyelles françaises, que l'on peut figurer sous la forme d'un tableau :

      Point d'articulation
      Antérieures Postérieures
      non arrondies arrondies arrondies
      orales nasale orales nasale orales nasales
Degré d'aperture fermées 1 i   y   u  
mi-fermées 2 e   ø   o  
mi-ouvertes 3 ɛ ɛ̃ œ œ̃ ɔ ɔ̃
ouvertes 4 a       ɑ ɑ̃
          (ə)[1]      

Le français ne connait aucune diphtongue, c'est-à-dire aucune suite de deux voyelles ne constituant qu'une seule syllabe (la langue française connaissait beaucoup de diphtongues au Moyen-Âge, mais elles n'ont pas passé le cap du XVIIe siècle). En français, lorsque deux voyelles se suivent directement dans la chaine parlée,

  1. soit elles constituent deux syllabes distinctes :

obéir = o-bé-ir [obe-iʁ]
nous voudrions = vou-dri-ons [vu-dʁi-ɔ̃]
nuage = nu-age [nuaʒ] — prononcé à Bruxelles

  1. soit la première des deux voyelles se transforme en semi-consonne, l'ensemble ne formant qu'une syllabe avec une unique voyelle :

pluie = pluie [plɥi]
nuage = nuage [nɥaʒ] — prononcé à Paris

Il n'y a pas d'autre alternative, sauf dans les mots empruntés aux langues qui connaissent des diphtongues :

à priori se prononce comme en latin ou comme en italien
ferry-boat se prononce comme en anglais

2. Les lettres

Pour transposer les sons à l'écrit, le français recourt à l'alphabet latin. Comme l'alphabet latin ne compte que 5 signes pour rendre compte des voyelles – A-E-I-O-U —, la langue française a dû faire preuve d'ingéniosité au fil des siècles pour arriver à rendre 16 sons au moyen de ces 5 signes.
Les trouvailles de la langue française ont essentiellement pris trois voies.

2.1. Les signes diacritiques

Les voyelles écrites du français peuvent se doter de signes diacritiques, qui peuvent donner des informations sur la prononciation du son qui leur est associé :

  • l'accent aigu sur un e nous indique qu'il se prononce fermé, à l'opposé du e surmonté d'un accent grave, qui se prononce ouvert :

thème ~ thématique
collège ~ collégien

  • l'accent circonflexe sur un o nous indique qu'il se prononce fermé, à l'opposé du o sans accent qui rend un son ouvert:

côte ~ cote

  • l'accent circonflexe sur un a nous indique qu'il est vélarisé, à l'opposé du a sans accent, qui renvoie au [a] standard :

pâte ~ patte

Mais ces mêmes signes ont d'autres fonctions : par exemple, l'accent grave et l'accent circonflexe sont utilisés aussi pour faire la différence entre des homonymes :

à ~ a
ou ~ où
sur ~ sûr
du ~ dû

de sorte qu'on ne peut pas systématiquement induire la prononciation d'une lettre à partir de sa forme écrite.

2.2. Les digrammes et trigrammes

La trouvaille la plus ingénieuse de la langue française pour rendre compte par écrit de ses nombreuses voyelles est la constitution de digrammes (deux signes écrits qui ne rendent qu'un son) et de trigrammes (trois signes écrits qui ne rendent qu'un son). En voici quelques exemples :

  • ai rend [e] : j'ai, quai…
  • au rend [o] : pauvre, chaude
  • ou rend [u] : cou, loup
  • eu rend [œ] : fleur, peur
  • eu rend [ø] : bleu, heureux
  • eau rend [o] : eau, beau
  • oeu rend [œ] : cœur

D'une manière générale, les voyelles nasales du français sont rendues à l'écrit par des digrammes combinant une voyelle et un n ou un :

un bon vin blanc

2.3. Le rejet du principe un son ↔ une lettre

Ce qui fait toute la difficulté de l'orthographe française demeure toutefois le fait que les trouvailles que sont les signes diacritiques, les digrammes et les trigrammes n'ont pas été systématisées, et que d'une manière générale la langue française n'a pas réussi à instaurer une correspondance systématique entre un son et un signe écrit :

oeu rend [œ] dans cœur mais [ø] dans nœud
ai rend [e] dans j'ai, mais [ɛ] dans faire, chaine

Ainsi, dans un même mot, une même lettre va pouvoir correspondre à des sons différents :

terre : e rend [ɛ] et [œ/ə]
rigolo: o rend [ɔ] et [o]

Inversement, au sein d'un même mot, un même son va pouvoir être transcrit diversement :

il fêtait : [ɛ] est rendu par ê et ai
pendant
: [ɑ̃] est rendu par en et an.

 


[1] De nombreux locuteurs ne perçoivent plus aucune différence entre le /ə/ et le /œ/, et produisent un /œ/ là où la tradition des phonéticiens note un /ə/. C'est pourquoi ce son est entre parenthèses dans notre tableau.

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